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L’envie me prenait parfois de tout
casser : les autres divers
pouvaient se prévaloir de quelque chose de tangible ; moi non, il ne
m’était pas donné de me targuer d’une différence reconnue et admise,
réprouvée peut-être, mais admise…N’empêche que j’aurais aimé être comme
les autres : aimer mes parents ; être possessif et maladivement jaloux ;
me complaire dans les subtilités d’un travail banal et tirer au cul,
attendre impatiemment les vacances ; aimer les commérages, rire des
brèves de comptoir et des plaisanteries triviales ; chanter l’hymne
national avec conviction et voir dans un drapeau autre chose qu’un bout
de tissu claquant au vent ; jouer au foot, supporter viscéralement une
équipe et connaître les noms des footballeurs, crier comme un forcené au
stade et me joindre aux défilés de voitures après la victoire,
participer aux bagarres et aux controverses techniques ; me passionner
pour les chanteurs saisonniers — ces figures transitoires qui
accompagnent les souvenirs des premiers amours.
« Embarrassé par sa charge narcissique
et fréquemment frappée par quelque chose qui ressemble à un refoulement
émotionnel de la mémoire, il est menacé par l’ennui, mais exempt de
toute aptitude au désespoir et pas vulnérable du tout, avait dit de moi
le directeur du Marchiondi.
Et ma mère de conclure qu’elle n’avait
donc aucun souci à me faire pour moi.
L’année précédente la psychologue pour
enfants chez qui je m’ennuyais le jeudi après-midi s’était surpassée :
« Flegmatique, insensible, suffisant, et
tout de suite après trépidant, affable, attentionné. Très narcissique,
même lorsqu’il affiche un style négligé.
— Égotiste, me blesserait moins »,
avait répondu mon père.
Mes parents pouvaient dormir entre
deux oreillers : mon détachement de la réalité extérieure, une tendance
prononcée à l’introversion, un monde intérieur occupé par un fourbi très
fragmenté et le plus souvent silencieux, l’égocentrisme et le flegme, ne
faisaient pas de moi un autiste ; mon inadéquation et mes provocations
ne faisaient pas de moi un psychopathe.
Seulement voilà, mes tentatives
d’adéquation restent infructueuses, car le mode d’emploi me manque, et
ma diversité intérieure subsistera aussi longtemps que vivra le
tourmenteur abstrait par qui mes pensées divaguent subtilement autour de
rien. Il ne me restait que l’errance intérieure, une espèce d’exile qui
rappelait (parfois) la vie végétative.
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Relire le tout en définissant
maintenant la question de l’errance intérieure.
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Trouver un champignon
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Une soirée chez Rigolo avec E
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La chute du Toce de bas en haut.
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Salire all’Arbüjera
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Un jour de pluie à Stresa
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Rondanini 2
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Carnac ; Les Eyzies (Font-de-Gaume)
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Ne jamais se plier aux convenances